Des taux variables en 2018 ?

Le comité de Bâle a pour objectif de formuler des préconisations visant à protéger les banques d’une potentielle faillite. Elle va recommander la généralisation des prêts à taux variables en France.

Pourquoi une telle préconisation ?

Le comité de Bâle met en garde les Banques, les taux sont au plus bas, ils vont forcement remonter.

Le risque est que la Banque soit dans l’obligation de payer de sa poche le delta entre le taux fixe contractuel du prêt immobilier et le taux du moment qui sera (logiquement) plus important.

Avec un taux variable, pas de risque, le client paye de sa poche, la banque est protégée.

Pourquoi le taux fixe reste sécurisant pour les banques Françaises ?

Les banques Françaises ont toujours pratiqué le prêt à taux fixe. Aujourd’hui, cela représente 96% des prêts immobiliers aux particuliers et les banques se portent plutôt bien.

De plus, durée moyenne de détention d’un bien en France est de 7 ans, la banque ne prend donc pas de risque sur les 20 ans initiaux mais seulement sur 7 ans (en moyenne).

Les spécialistes des banques françaises adaptent le taux proposé aux clients en fonctions de la situation économique. En effet, la banque achète l’argent de votre crédit sur le marché à un taux beaucoup plus faible auquel elle ajoute sa marge, mais elle intègre également un grand nombre de provisions pour risques. Le risque de taux est inclus dans ces calculs savants.

Pourquoi les Français ne sont pas préparés à emprunter à taux variable ?

Pour « nous », investir dans la pierre est un investissement qui doit être sans risque. « La pierre vaudra toujours quelque chose »…

Si l’investissement immobilier est fait en bon père de famille, le financement doit l’être également.

Mais comment percevons nous ce type de prêt à mensualités variables ? Il est facile de penser à la crise des « subprimes », ces crédits à taux variable ayant entrainé la faillite de nombreux ménages américains incapables d’honorer leurs mensualités de crédit et se retrouvant à la rue.

En effet, impossible de maîtriser l’augmentation des mensualités, vu qu’il est impossible de savoir quel sera le marché dans 5, 10 ou 15 ans.

Les Français n’ont que peu d’appétence pour ce type de risque. Le marché de l’immobilier étant déjà morose, imposer le taux variable reviendrait à saborder le marché.

Comment calculer le risque de défaut de paiement avec une mensualités qu’il est impossible de déterminer ? Si M. MARTIN peut aisément payer une mensualité de 1.000€ par mois, celle-ci passerait à 1.500€ en cas de forte hausse des taux ! Comment fera t-il face ? La banque choisira de ne pas lui prêter : TROP DANGEREUX !

Le marché du financement est très particulier en France. Une harmonisation du financement immobilier via des taux variables serait catastrophique dans le sens où le marché de l’immobilier serait gravement touché, mais également les banques qui ne prêteraient plus beaucoup. Le financement est un levier, nous en priver reviendrait à aggraver la situation actuelle pour une durée inconnue…

 

Auteur : Courtiers Privés  Google+